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lundi 3 janvier 2022

Quand on réveille une chambre d'atelier Gilles Faller !

Tout commence par la découverte par nos stagiaires du Lycée Photo La Providence, Camille et Gaël de la magnifique chambre d'atelier Gilles - Faller qui provient du studio de la famille de photographes Jules et Jean Bastien à Saint-Dié-des-Vosges. 

Petite précision pour les spécialistes, Gilles n'est pas le prénom de Faller… ce sont deux personnes associées, Gilles et Faller sont deux patronymes, c'est juste !


Découverte et prise en main de la chambre par Camille - © Photo S Pasquet Cercle Weick







Après avoir fait le tour des principales parties et réglages de la chambre, nous décidons de tenter une remise en route après tant d'années de sommeil.

La première question qui s'est posée était celle de trouver une surface argentique sensible. À l'époque les photographes utilisaient des plaques en verre.  Aujourd'hui on trouve encore ce que l'on appelle des plan-films mais il nous a semblé plus opportun d'opter pour la technique du négatif papier. Le coût serait moindre et de plus nous pourrions travailler la phase de laboratoire en lumière inactinique et non dans le noir complet.

La deuxième question abordée est le type de photographie, sachant que le temps de pose serait assez long, nous optons pour de la photographie d'architecture (il nous suffit d'ouvrir la fenêtre pour avoir une vue plongeante sur la cour du  Lycée La Providence )

Malgré les roulettes et une bonne dose de réflexion pour le passage des portes…  la mise en place pour un point de vue adapté ne se fait pas sans mal !

C'est décidé, nous intitulerons, en clin d'œil à la première photographie de connue de Niepce  cette première photographie "Point de vue pris d'une fenêtre du Cercle Weick  à Saint-Dié-des-Vosges"

Avouons que nous avons l'avantage de l'expérience sur notre génial précurseur…

 

Gaël pose patiemment, c'est pas du Bertillon…mais presque ! © P Antonot Cercle Weick


Il a la tête à l'envers ! © P Antonot Cercle Weick

Après une mise en place, un choix de point de vue, le réglage de la mise au point non sans avoir pris le voile (les Sœurs de la Providence se seraient sans doute amusées du jeu de mot !) Camille est prête pour le premier essai.

Ah ! Quelle exposition ? 

Un rapide calcul se basant sur d'une part, la sensibilité d'environ 6 ISO du papier Ilford Multigrade,  l'éclairement ambiant et d'autre part de l'ouverture du diaphragme à F:8 nous indique 4 secondes. 

C'est parti, chargement du papier 13/18 dans le châssis  18/24 avec réducteur. Émulsion côté objectif, c'est toujours mieux… facile ; état de surface brillant.

Passons maintenant au labo.

Révélateur Bain d'arrêt Fixateur © P Antonot Cercle Weick

La magie de la chimie ! © P Antonot Cercle Weick  

Trois cuvettes , révélateur, eau, fixateur, une lanterne inactinique au sodium est le tour est joué.

Et, c'est là qu'opère la magie* ! Sous nos yeux, apparaît tranquillement cette image négative. 

Trempette dans l'eau, fixateur et nous allumons pour être fixés !

© S Pasquet Cercle Weick
 

Un résultat sera acceptable en densité et contraste dès le deuxième essai.

Lavage, séchage puis contretypage afin d'obtenir par insolation un positif de notre négatif.

 

* Ne me dites pas " Non c'est de la chimie ", s'il vous plaît ! Laissons un part au rêve, soyons positifs !

 

C'était le genre le plus pratiqué à l'époque ; nous décidons passer au portrait !

Cette chambre dite "d'atelier" était exclusivement utilisée au studio pour le portrait. Vous pouvez voir quelques réalisations de Jules et Jean Bastien sur notre galerie en ligne

Avec un éclairage rudimentaire, une pose un tantinet académique,  nous commençons notre chouting (comme on dit aujourd'hui !) Camille et Gaël vont alternativement jouer le rôle de la, du photographe et du modèle.

 On ne bouge plus ! 

Clic Clac … Merci Gilles - Faller !  © P Antonot Cercle Weick

 On compte sur ses doigts : 1, 2, 3, 4 sec (c'est déjà pas mal sans bouger ) 

Et voilà le résultat, promis, on recommencera ! 

© S Pasquet Cercle Weick

© S Pasquet Cercle Weick

© S Pasquet Cercle Weick

© S Pasquet Cercle Weick

 


Madame Wenger et la chambre d’atelier Gilles-Faller du Studio Bastien 

 

Page du catalogue "Gilles Faller, 2 rue Christine Paris" Notre modèle est la Chambre Gilles B 30/30 A 2 corps - ca 1920

 Billet : Patrick ANTONOT Cercle Weick décembre 2021

jeudi 16 décembre 2021

" Le Cercle Weick, mémoire de la Déodatie du début du siècle dernier "

Un article de Julien Jacquemin pour le site en ligne Saintdié Info . Un grand merci à lui !

Le Cercle Weick a pour objet l’étude et la promotion de l’histoire et des productions des photographes, imprimeurs, éditeurs et libraires déodatiens Adolphe Weick père et fils. Mais aussi d’autres de leurs contemporains, comme les photographes Blaire et Bastien.

Créée par Sylvain Pasquet, l’arrière petit-fils d’Adolphe Weick, l’association située à Saint-Dié-des-Vosges œuvre à constituer un fonds iconographique, photographique et documentaire afin de constituer une collection publique. C’est donc un véritable travail de fourmi qui a été entrepris pour alimenter cette collection, véritable mémoire de la Déodatie et ses alentours des années 1920 à 1950.

Car la grande majorité des plaques de verre et cartes postales que les bénévoles du Cercle Weick numérisent minutieusement, retravaillent sur ordinateur et classent au moyen de métadonnées, dépeignent des scènes immortalisées dans la cité déodatienne – avant et après sa destruction – sur le site de la roche Saint-Martin, à Raon-l’Etape, Moyenmoutier, Senones, Plainfaing, Saint-Jean d’Ormont, Gérardmer, les lacs du massif vosgien, etc.



Pour donner une idée de l’ampleur du projet initié par le Cercle Weick depuis maintenant des années, le fonds Weick conservé à la Médiathèque intercommunale est constitué de quelques 5500 plaques de verre… sachant que 16 000 plaques ont existé au total, et sachant que le fonds Weick n’est pas le seul fonds sur lequel se penche l’association, forte de 80 adhérents.

Installé depuis 2019 rue Gambetta, à 2 pas de la gare SNCF, dans des locaux mis à disposition par Gérard-Antoine Massoni, le Cercle Weick se veut ouvert sur la ville et l’agglomération, à travers notamment l’organisation d’expositions. « On a commencé à rassembler des images en vue d’une exposition pour le passage du Tour de France Féminin, l’été prochain » précise Patrick Antonot, professeur de Photographie à la retraite et membre actif du Cercle Weick.

L’association édite également une revue, « Le Révélateur », dont le 3e numéro est paru en septembre dernier. Proposé au prix de 3 euros en version papier, il est disponible auprès des commerces déodatiens suivants : la Librairie Le Neuf, Vega BD ainsi que les tabac-presse Le Khédive et Le Lutétia. Il peut aussi être consulté en version numérique via Calaméo. « Ce qui est important pour nous, c’est que notre travail soit mis à la disposition du public » souligne Sylvain Pasquet.

Camille stagiaire de Bac Pro photographie


 En parallèle de ses activités, le Cercle Weick accueille des stagiaires dans ses locaux, comme Gaël et Camille, respectivement élèves en Seconde et Terminale du Bac Pro Photographie du lycée Notre Dame de la Providence. Ces derniers contribuent à la numérisation des plaques de verre et cartes postales. L’occasion pour eux d’en apprendre davantage sur le passé de la ville et son territoire environnant. Pour aller plus loin, rendez-vous sur la galerie photo du Cercle Weick et sur le blog de l’association. Et celles et ceux qui souhaiteraient donner de leur temps pour aider l’association dans son travail d’archivage sont les bienvenus. Renseignements complémentaires et contact au 03-29-56-31-33, ou via cercleadweick(arobase)orange.fr


 

 

 

Article et photos Julien Jacquemin pour Saintdié Info


Un classement méthodique !